Inondations, la solidarité au milieu du chaos

Au quotidien

Inondations

Mi-juillet, la Wallonie a été le théâtre de terribles inondations qui ont causé la mort de concitoyens et provoqué des dégâts considérables. Dans ce chaos, le TEC est resté aux côtés de ses usagers. Beaucoup sont venus en aide aux collègues et aux concitoyens ; certains n’ont pas hésité à annuler leurs congés. Merci à eux pour leur implication, leur courage et leur professionnalisme.

Découvrez les témoignages des collaborateurs qui ont vécu cette situation de près.

Nos collègues de Liège-Verviers :

Jean-Michel, Directeur exécutif Liège-Verviers

Tant pendant qu’après cette catastrophe des 14 et 15 juillet, notre priorité s’est portée sur le maintien du service tout en assurant la sécurité des opérations et de nos collègues. Un service rendu sans faille grâce, entre autres, à l’excellent travail du dispatching et des contrôleurs de terrain qui ont sillonné le réseau afin de déterminer les lignes exploitables. Aussi à l’adaptabilité de nos chauffeurs qui ont dû réaliser de nombreuses déviations, à l’infoTEC qui a informé la clientèle « en live » malgré la perte du réseau téléphonique, au bureau des départs qui a usé d’habileté pour modifier les prestations, à la bonne coordination tant interne qu’externe, avec les centres de crise, etc.

Jean-Michel

David, Responsable adjoint unité opérationnelle Contrôle à Liège-Verviers

Dans un premier temps, dans l’urgence, nous avons participé à l’évacuation des huit zones sinistrées de Liège. Il a fallu créer des itinéraires permettant aux bus de se rendre au plus proche des foyers à secourir sur des voiries praticables et sécurisées.

Dans un second temps, quand les routes ont été déblayées, nous avons mis en place plusieurs navettes à la demande des autorités publiques pour permettre aux personnes sinistrées d’assurer leurs besoins vitaux : se nourrir, se rendre à la pharmacie, etc.

David

Louis, Conducteur liégeois

Je fais partie du personnel de nuit qui assure les derniers et les premiers voyages. Quand nous sommes arrivés pour prendre notre service le 14 juillet à 21 h, on nous a annoncé que nous allions nous rendre près des zones inondées afin d’apporter de l’aide aux citoyens. Un premier collègue est allé à Tilff. Puis deux autres sont partis à Beaufays. Et je suis allé au pont d’Esneux. Quand je suis arrivé sur les lieux, un contrôleur exceptionnel, Michel, était déjà présent. Nous avons attendu : la police était en pourparlers avec des habitants qui ne souhaitaient pas quitter leur maison. Nous avons vu l’Ourthe sortir de son lit. Nous avons rejoint Tilff où la cheffe des infirmières nous guidait dans différents endroits stratégiques. L’équipe du matin est arrivée et j’ai pu rentrer.

Enfin, je croyais pouvoir rentrer... J’ai été coincé dans des embouteillages pendant plus de quatre heures. J’étais fatigué. C’était difficile. Liège était inaccessible. J’ai été redirigé vers une aire d’autoroute à Sprimont où j’ai pu me reposer. Finalement, des contrôleurs m’ont escorté pour rentrer au dépôt de Robermont le vendredi aux petites heures, alors que j’étais parti le mercredi à 21 h.

Je tiens à dire que je ne me suis pas senti seul pendant ce long périple. J’ai reçu de nombreux coups de fil du dispatching et du contrôle. Merci !

Michel, Responsable de l’InfoTEC de Liège

Je souligne la parfaite collaboration entre le service Exploitation et la Communication. Nous avons reçu des appels de la part de la population pour remercier le TEC. Des collègues sont revenus sur congé. On n’a pas compté nos heures. Il y a eu beaucoup de preuves de solidarité.

Michel

Julien, Conducteur liégeois

Le 14 juillet, je finissais mon service à Fléron à 23 h 30. J’ai été rappelé par un contrôleur qui m’a demandé si j’étais d’accord de continuer le travail. Je me suis rendu au carrefour de Tilff. Les pompiers nous ont amené des personnes à transporter en sécurité à Esneux. Nous étions escortés par la Police. Je suis rentré à 6 h du matin au dépôt. Ce fut une journée longue et anxiogène mais j’ai participé à aider des personnes dans le besoin.

Jessica, Responsable unité opérationnelle à Verviers-Eupen

Nous avons compris rapidement que la situation était grave. Le mercredi 14 juillet, le barrage d’Eupen est arrivé à saturation, ce qui a considérablement augmenté le niveau de la Vesdre. Fin de journée, les premiers bus ont été réquisitionnés pour apporter de l’aide aux citoyens. On a dû supprimer des lignes le jeudi et s’adapter à la réalité du terrain. J’ai beaucoup voyagé sur le réseau et c’était très impressionnant de voir l’eau monter à vue d’oeil. Le vendredi, c’était la décrue. Ce n’est que deux semaines après les évènements que nous avons été capables de desservir tous les quartiers les plus touchés. Il reste actuellement beaucoup de dégâts sur les voiries, notamment sur la nationale entre Verviers et Dolhain. Mes pensées vont aux collègues qui ont vécu des sinistres.

Jessica

Nos collègues du Brabant wallon : 

Philippe, Responsable du service Contrôle et du dispatching du Brabant wallon

C’était la folie. J’ai vu des gens traverser la chaussée à Louvain en barque. Chastre, Gastuche, Cortil, Mont-Saint-Guibert… nous avions plein de villages sous les eaux. Les lignes 21, 23, 24, 27, 32, 52 et 543 étaient à l’arrêt. Nous avons fait beaucoup d’heures supplémentaires. J’ai été sur le terrain pour évaluer les situations. Le dispatching devait gérer énormément d’appels. Et le plus difficile, c’est que tout a été très vite. Entre deux passages à Walhain, en 30 minutes, l’eau avait pris 70 cm et des barrières nous empêchaient de passer. Le dépôt de notre loueur Pullman a aussi été inondé et les chauffeurs ont perdu leur véhicule personnel.

Le matin, nous avons essayé de gérer, de conseiller au mieux nos chauffeurs déjà sur les routes. L’après-midi, c’était plutôt de l’ordre « vous sortez ou vous ne sortez pas ». Le lendemain, nous nous sommes levés à 2 h 30 pour évaluer les routes et ça s’était aggravé malheureusement. Nous avons donc tenté de donner les meilleures informations et solutions. Espérons que cela ne se reproduise plus jamais.

Philippe

Tom, Conducteur à Chastre

Ma ligne n’a pas été la plus impactée mais j’ai eu malgré tout un passage compliqué. L’eau était haute, je suis passé une première fois mais au second voyage, je suis tombé en panne. Avec la pression de l’eau, un cache ADBLUE qui protège le réservoir s’est détaché en partie. Je n’ai pas su résoudre le problème et j’ai dû faire appel à un mécanicien. Le pauvre, il a dû se coucher dans l’eau pour atteindre la pièce et la retirer pour me permettre de finir mon service.

Arrivé au dépôt l’après-midi, j’ai eu une impression bizarre. Voir des collègues, en nombre, dans la salle de garde qui attendent pour savoir s’ils peuvent prendre leur service ou non, c’était inédit. Même lorsqu’il neige, on sort avec la boule au ventre mais nous sortons.

Ici, nous étions à l’arrêt. C’est ce fait exceptionnel qui m’a le plus marqué.

Tom

Nos collègues namurois : 

Serge, Conducteur à Namur-Luxembourg

Le 24 juillet, je roulais sur la ligne 35 « Dinant – Ermeton/Biert ». J’ai quitté Dinant en direction d’Anhée et lorsque je suis arrivé à Bouvignes, l’eau atteignait le plancher du bus. J’ai prévenu les automobilistes venant en sens inverse du potentiel danger qu’ils risquaient de rencontrer.

Lorsque je suis passé à Warnant, un torrent d’eau est arrivé et la pression de l’eau était tellement forte que les portes arrière du véhicule se sont ouvertes, ce qui a eu pour effet d’immobiliser mon véhicule. J’ai donc contacté le dispatching pour les informer de la situation. L’eau est montée rapidement dans le bus jusqu’à m’atteindre à la taille. Sur les conseils des pompiers présents à proximité, j’ai brisé la vitre arrière pour pouvoir m’extirper du véhicule via une échelle qu’ils avaient installée pour me faciliter la tâche.

Ensuite, ils m’ont gentiment amené en lieu sûr, dans un restaurant de la région où j’ai été très bien accueilli. De là, j’ai pu appeler mon responsable (avec leur téléphone, le mien étant resté dans ma poche et donc hors d’usage). Quelques temps après, les contrôleurs sont arrivés et m’ont ramené au dépôt où je suis arrivé vers 21 h 30 et où j’ai pu reprendre mon véhicule pour rentrer chez moi.

Personnellement, je n’ai pas paniqué, j’ai gardé mon sang-froid. Mais, vous savez, je suis quelqu’un de très serein. D’ailleurs, lorsque j’en parle avec mes collègues, cela nous arrive de rigoler de ce que j’ai vécu ce jour-là. Je tiens à remercier toutes les personnes qui sont intervenues ce jour-là, aussi bien les membres du personnel TEC que les services de secours.

Serge

Et du côté de Charleroi : 

Claudy, Responsable du dispatching de Charleroi

Au niveau du dispatching, nous n’avons pas été mis sous pression plus que d’habitude. Nous avons mis en place des déviations au fur et à mesure qu’un bus se trouvait confronté à une inondation suite au débordement de rivières ou d’eau sortant des égouts. Par contre, sur le terrain, certains collègues ont réellement été confrontés à une situation jamais vécue auparavant. Des contrôleurs qui avaient été envoyés sur place à la suite de l’appel d’un bus signalant la montée des eaux à Aiseau, ont constaté en arrivant que des ouvriers communaux étaient à pied d’œuvre au milieu de la chaussée, mais avec de l’eau jusqu’à la taille ! Le dispatcher qui connait très bien l’endroit, n’en croyait pas ses oreilles. Il a redemandé aux contrôleurs de confirmer ce qu’ils voyaient. Ce qu’ils ont fait en lui répétant : « Je t’assure Denis que c’est vrai ! Les gars sont là au milieu de la route avec de l’eau jusqu’à la taille ! On n’a jamais vu ça ! ».

Guy, Gestionnaire Infrastructure Réseau et concierge du dépôt de Nalinnes

C’est notre directeur exécutif qui m’a prévenu ce jour-là que le dépôt de Nalinnes commençait à être inondé. Quand je me suis rendu sur place, je n’en revenais pas. Toute la cour était noyée. Les taques des égouts s’étaient soulevées et avaient été emportées par les eaux. À un moment donné, on avait de l’eau à une hauteur de bottes. Les voitures des chauffeurs ont dû être évacuées et il n’y a du coup pas eu de prise de service dans l’après-midi. Inutile de vous dire que ma cave était complètement noyée.

Heureusement, je n’y avais pas entreposé grand-chose. Je me rends compte combien j’ai eu de la chance par rapport aux sinistrés de la région de Liège ou de Namur.

C’aurait pu être pire. Ce que je retiens surtout, c’est que j’ai eu une aide extraordinaire des conducteurs qui étaient sur place, une vraie solidarité !

Guy