Retraite bien méritée pour le Tribus

Hier

L’annonce de la dernière tournée du tribus liégeois a suscité un réel émoi. Nous avons donc décidé de vous raconter l’histoire de ce désormais regretté véhicule. Nous avons également interrogé l’un de ses chauffeurs, Gérard Zegels.

Il était une fois

Vendredi 12 juin 2020, le tribus effectuait sa dernière sortie du dépôt de Robermont avant de prendre une retraite bien méritée. Ce véhicule hors normes et unique sur le réseau TEC est un Vanhool AGG300. Il a rejoint ses amis ancêtres au Musée des Transports en commun de Wallonie, après 22 années de circulation, et 284 000 milliers de kilomètres parcourus.

Le tribus circulait d’octobre à mai, principalement en heures de pointe sur la ligne 48, qui relie l’Opéra au campus universitaire du Sart Tilman. La 48 est l’une des lignes les plus fréquentées de la cité Ardente et transporte des milliers d’étudiants liégeois. Avec ses 25 mètres de longueur, il ne passait pas inaperçu et pouvait transporter 199 personnes en même temps dont 50 places assises.

A jamais dans les mémoires

Son retrait du réseau a provoqué un émoi généralisé au sein de la communauté estudiantine qui, quand elle le voyait arriver, se réjouissait de pouvoir y grimper. Nos clients ont été nombreux à commenter sa disparition (582 commentaires FB pour être précis). Voici quelques-unes de leurs réactions :

Capitaine du navire

Les étudiants ne sont pas les seuls à regretter ce bus hors normes. Gérard Zegels, l’un des 3 conducteurs du Tribus s’en attriste également.

C'était mon bonheur au travail, mon plaisir, voire une fierté, je le manœuvrais depuis 2009. Je suis tout de même soulagé de le voir partir au Musée et j'espère qu'il aura ENFIN sa nouvelle peinture, pour laquelle j’ai tant bataillé.

Le TEC - Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir conduire ce type de bus?

L’envie de conduire le « Vaisseau Amiral » de la flotte, poussé par son commandant de l’époque, Monsieur Christian Zeggers.

Le TEC - Ce type de véhicule n’est pas facile à manœuvrer, comment faisiez-vous dans les ronds-points et les tournants?

Effectivement, ce n’était pas toujours évident parfois j’avais la peur au ventre ; mais je téléphonais immédiatement à Monsieur Zeggers, qui prenait le temps de m’expliquer la marche à suivre pour la manœuvre, comme le demi-tour au niveau de la Mairie d’Angleur. Aborder les ronds-points est assez simple, pour autant qu'il y ait des zones de dégagements pour les plus petits. Même le demi-tour au rond-point de la Fraise (rue Visé Voie à Vottem) ne résistait pas au Tribus ! Il m’arrivait également de m’exercer au dépôt afin de perfectionner mes manœuvres.

Le TEC - Avez-vous une anecdote sur ce Tribus?

Multitude d'anecdotes, comme le voyage à Bruxelles pour l'UITP (salon du transport en commun). Sur la route, nous avons fait le plein de carburant au dépôt d’Oreye, et la manœuvre effectuée pour sortir du site, d’une traite, était tout simplement magistrale. Monsieur Zeggers était franchement un grand professionnel.

Je me rappelle également les marches arrière sur parc de bus et en ligne.

Il m’est arrivé d’être bloqué par une intervention d’ambulance sur le site propre des bus… Alors… vapeur arrière toute afin de me trouver une bonne trajectoire pour quitter le site propre.

Le TEC - Quelle était la réaction des personnes face à ce véhicule?

Les personnes étaient impressionnées par les dimensions et pour les puristes, le son du moteur était exceptionnel. Rien qu'au son de son moteur, les connaisseurs savaient que le Tribus était en approche. Il n'en sera plus hélas.

Le TEC - Pourquoi seulement quelques chauffeurs avaient le droit de le conduire?

Il s’agit d’une fonction spécifique pour un seul véhicule disponible, une petite équipe suffisait donc pour assumer les deux services. Pour l’anecdote, il aurait dû y avoir un 2e tribus mais le projet n’a finalement pas abouti. Dommage deux BHNS en 1999 au TEC Liège-Verviers, ça aurait « claqué », nous étions les premiers, après Bordeaux et ses Méga Bus.

Le TEC - Preniez-vous soin personnellement du Tribus?

Oh que oui ! Passage au « bus-wash », nettoyage des vitres intérieures et extérieures (pour garantir une bonne visibilité), dépoussiérage du tableau de bord, balayage et lavage du sol à grande eau… Bref, un vrai bonheur !

Je conclurai en tirant mon chapeau aux premiers conducteurs, à savoir Monsieur Collette, Zeggers, Simons, Walthery, et au Musée.

Plus d’infos sur les caractéristiques techniques ?

Consultez la fiche complète du véhicule.