Vivre dans un dépôt de bus

Insolite

Casteau et Mouscron

Au Hainaut, 3 dépôts ont une particularité spécifique : ils sont aussi une maison habitable.
A Casteau et Mouscron, elles sont intégrées directement dans le dépôt.
À Mons, elle y est attenante.

Ces maisons sont habitées par des membres du personnel.
Bien entendu, vivre dans un dépôt entraîne des missions spécifiques :

  • Assurer une présence et être une personne de contact ;
  • Surveiller le bâtiment et gérer les alarmes ;
  • Veiller à l’état des aménagements et prévenir le service concerné en cas de problème ;
  • Prendre soin de l’habitation.

Rencontre avec deux de ces membres du personnel : Philippe Alleman (à gauche sur l'image) et Jean-Louis Deside (à droite).

Philippe Alleman et Jean-Louis Deside

Quel a été votre parcours ?

Philippe Alleman, de Mouscron :

« Après l’obtention de mon diplôme à l’école hôtelière de Tournai, j’ai travaillé pendant trois ans pour le Club Méditerranée en tant que responsable petit déjeuner et barman. Trois belles années qui m’ont permis de voyager et de m’affirmer : j’ai appris à diriger une équipe de 30 personnes toujours dans la bonne humeur et l’entraide. Par la suite, j’ai passé mon permis autobus/autocar au Forem à 27 ans. Pendant trois ans, j’ai de nouveau la chance de parcourir de nombreux pays d’Europe en travaillant pour Leroy à Tournai, une société d’autocars de tourisme.

Je suis ensuite rentré au TEC en octobre 2000 en tant que conducteur au dépôt de Tournai. Quatre ans plus tard, j’ai passé les examens contrôleurs Réseau et encadrant en même temps. D'abord contrôleur Réseau pendant six mois et le 1er octobre 2005, je suis devenu contrôleur encadrant, Qualité à l’époque.

J’adore mon métier, j’ai des responsabilités et je peux aider mes collègues, c’est ce qui m’intéresse le plus. La seule contrainte, ce sont les horaires variables, mais c’est un rythme à adopter »

Jean-Louis Deside, de Casteau :

« Pendant 36 ans, j’ai été indépendant dans le transport express en Europe, je gérais une équipe de 9 chauffeurs. Ensemble, nous travaillions pour d’autres entreprises. Malheureusement, en 2014, j’ai été contraint de déposer le bilan. À ce moment-là, le TEC recrutait et j’ai tenté ma chance. J’ai bien fait puisqu’en mai 2015, je suis rentré au TEC en tant que conducteur au dépôt de Mons. Je m’occupe des services supplémentaires et ça me va. J’aime bien le changement, le fait de ne pas rouler tout le temps sur les mêmes lignes.

Ce qui me plait le plus dans mon métier ? Le contact avec les clients ! Je leur dis toujours « bonjour » et « au revoir » avec le sourire. C’est important et surtout, ça ne coûte rien. À Casteau, c’est très rural et agréable, bien souvent les clients connaissent notre prénom. Côté dépôt, l’ambiance est très bonne, je m’entends bien avec tout le monde, je trouve ça génial. Si j’avais su, je serais entré au TEC 20 ans plus tôt. »

Pourquoi avez-vous décidé de vivre dans un dépôt de bus ?

Philippe :

« J’habite dans la maison du dépôt de Mouscron depuis août 2015. Ce qui m’a attiré, c’est l’aspect historique du bâtiment. C’est fascinant car c’est une ancienne station de tram de Mouscron, beaucoup de gens sont passés par là. J’ai installé mon salon dans l’ancienne salle des pas perdus (la salle d’attente) et si on fait attention, on peut encore voir l’espèce de lucarne où on achetait les tickets. Je m’y sens très bien. Au départ, tout le monde me disait que j’allais être tout le temps ennuyé. Mais au contraire, j’aime être disponible pour aider mes collègues et puis, c’est plutôt calme, surtout le week-end puisqu’il n’y a qu’un seul service. »

Jean-Louis: 

« En 2018, j’ai appris que la maison de Casteau est libre et en compétition. J’ai postulé pour y vivre. Au final, j’étais le seul intéressé et tant mieux car j’y ai emménagé en mai. J’ai un rôle de concierge mais ce n’est pas contraignant. Je fais le lien pour le ravitaillement au dépôt : le plein de mazout dans les cuves, les réserves d’antigel et d’huile, je m’occupe d’apporter du savon et diverses fournitures pour la salle de garde. Je suis disponible via mon numéro de téléphone portable si on a besoin de moi. Je suis très heureux au dépôt, la maison est isolée et ce n’est pas bruyant puisqu’il n’y a que trois bus. Le seul inconvénient, je l’ai vécu au début pour mes livraisons de colis et le courrier : le facteur ne venait pas jusqu’à ma boîte aux lettres puisqu’il s’agit d’une propriété privée, mais c’est réglé depuis.»